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Suicides. France Telecom. Mon témoignage.

Suicides France Telecom. Mon témoignage

J’ai travaillé à France Télécoms. L’horreur! Ambiance déplorable. Moquerie. Persécutions morales. Obséquiosité  d’un responsable chef de groupe. Il cachait pour son propre compte des informations dont j’étais censé prendre connaissance. Laxisme de l’inspecteur du service. M’a systématiquement écarté de toutes activités intéressantes. « On ne m’informe pas, on me rend compte » Constamment moqueur. Me coupait systématiquement la parole aux cours des réunions en me demandant de me taire, les questions des autres étaient beaucoup plus intéressante. S’est systématiquement opposé a toute demande pour des missions hors territoire. J’ai eu jusqu’à 54 dossiers de chantier à suivre. Impossible de gérer correctement. Son livre de chevet, Courteline dont il aimait faire référence. Il aimait beaucoup nous faire sentir sa culture, car il n’était pas trop "con". Avez une très bonne instruction, mais n’était pas forcement intelligent. C’était un maniaque qui se prenait pour le nombril du monde A quand même subit quelques revers de la part du chef de centre, ce dernier trouvant qu’il en faisait un peu trop a sa guise. Le chef de centre m’appréciait, je n’ai jamais osé lui parler de ce qui se passait réellement. Un autre inspecteur, un humain, qui nous dirigeait auparavant et a qui par la suite je me suis confié m’a dit que j’étais trop faible, que je ne devais pas me laisser faire et influencer comme cela. J’évitais d’aggraver l’ambiance. Lui. C’était un bon, rusé, sympa, faisait confiance. J’étais motivé et j’avais du plaisir à travailler avec cet inspecteur. Ce n’était pas un emmerdeur comme l’autre. L’autre, J’ai senti quand il est arrivé dans le service que pour moi c’était foutu. Il n’a jamais pu me blairer. Moi non plus d’ailleurs. En tout cas il m’aura bien fait chier à refaire des factures à sa façon et revenir le lendemain pour finalement les remettre comme à l’origine en se foutant de ma gueule. Une fois j’ai fini par péter les plombs en lui disant qu’il se casse vite fait avant que je lui éclate la gueule. Il m’a demandé un quart d’heure plus tard de venir dans son bureau ou il s’est excusé prétextant de l’énervement! J’en ai profité pour lui sortir ses quatre vérités. Il me regardait avec un sourire narquois.  Il en avait rien à faire. Il me fliquait à chaque fois qu’il le pouvait. Combien de fois m’a-t-il appelé sur la radio pour savoir où j’étais et ce que je faisais. Il m’obligeait a reprendre les mesures sur les chantier avec lui pour voir si je ne m’étais pas trompé dans les cotes. Une plaie vivante. Un soir après les heures normales de présence j’étais resté seul au bureau pour prendre un peu d’avance sur mon travail. N’en pouvant plus je me suis mis a pleurer et il est rentré a ce moment la. La seule chose qu’il a faite et de ressortir aussi vite en refermant la porte sans un mot. Un autre collègue venait sur mes chantiers et demandait au chef d’équipe avec qui il avait magouillé auparavant si ça ce passait bien avec moi. Ils étaient devenus amis. J’avais surpris plusieurs fois cette entreprise ne respectant pas les normes de réalisation au niveau du remblai. Je l’ai signalé. Ça n’a évidemment pas eu de suite. Sauf que 6 mois plus tard les cailloux de la fouille qui avaient été remis avaient percé les tuyaux. Heureusement que j’avais gardé un double du rapport. Pas de suite. A quoi on servait finalement. A rien. Ceci en n’est l’exemple.

Une autre fois un collègue sympa et sérieux m’a signalé que j’étais le seul à faire le plus de KMs vu les distances de chantier que je devais surveiller. Des menace de mes collègues de travail. Ils sont allés jusqu'à m'interdire de me rendre a une convocation du chef de centre pour une promotion  qui pouvait me donner de l’avancement. Ne m’étend pas rendu a cette convocation en fonction des menaces de mes "collègues" celui  a demandé a l’inspecteur en question qu’elles étaient mes attributions dans mon domaine d’activité. Réponse « Ho! Il papillonne par ci par la»  suivit d'un rapport négatif. Résultat. 9 mois de retard dans l’avancement a la grande satisfaction des mes "collègues". Railleries. Sourires complices.

Chef de district. 

Des magouilles aux plus haut niveau. Le premier jour de mon activité en temps que conducteur de travaux je fus obligé pendant trois jours d’aller poser des caches moineaux à sa maison qu’il avait fait construire par des entreprises. Cela après  six mois de cours a Limoges. Trois jours après j’ai refusé. Résultat. Privé de véhicule administratif. Obligé d’aller sur mes chantiers avec mon véhicule personnel.

Des  Magouilles par certains conducteurs de travaux par des facturations de prestation surestimée en vu d’obtenir certains « avantages ». Un exemple parmi tant d'autres. Transfert de poteaux bois en Belgique par certaines entreprises pour être revendu avec la complicité d’un CDTX.

Un autre exemple. J’ai surpris une entreprise en train de faire un raccordement de fils sous la pluie. J’ai exigé à ce que le raccord soit soigneusement séché avant qu’il ne soit refermé. J’ai quand même demandé à ce qu’un contrôle soit fait. Le manchon a été retrouvé plein d’eau. Résultat. Le directeur de cette entreprise qui avait déjà eu des problèmes dans d’autres régions a demandé à ce que je sois retiré du chantier. Mon inspecteur a refusé. C’est devenu l’enfer pour moi. J’ai su par la suite que le directeur de cette entreprise invitait le directeur régional  d’Amiens sur son Yacht  sur la cote d’azur. On a tout compris ! En plus, nous savions que cette entreprise ne devait plus répondre aux appels d’offre en fonction de mauvaises prestations. Vu que n’ai pas voulu rentrer dans le système j’étais devenu la bête noire et l’homme a abattre. Voila ce qu’était déjà France télécoms à l’époque. Après nous nous sommes fait acheté encore sur des paroles et promesses bidons par des « bons actions entreprises » qui ont fini par nous achever. Mais la machine était en route et qui a conduit au désastre a lequel nous assistons aujourd’hui. Fort heureusement je suis parti a cette époque la avec la fameuse prime que la banque postale m’a ensuite volé. Je peux vous dire que les collègues plus jeunes qui sont resté en on vu de toute les couleurs. Certains ont démissionnés, d’autre se sont vu muter d’office ou c’était la porte. Il y a eu des inspecteurs qui se sont fait démolir le portrait par des agents de la boite.

Mon épouse a travaillé aussi à France télécom, en premier dans un central téléphonique comme technicienne, puis dans une agence. Elle a subit d’énormes pressions et rentrait souvent en pleurant. Une semaine avant son départ en retraite elle est tombé malade, «état dépressif »

Son directeur a été jusqu'à l’a faire contrôler a domicile par un médecin.  Raconter tout ce qu’elle à subit elle aussi  jusqu’au dernier jour de son activité ! Il me faudrait encore des pages.

Il y a fort a craindre que la privatisation de la poste ne génère de nouveau de graves dysfonctionnements, des problèmes humains et psychologiques. Je pense à tous les agents de la poste qui risquent de finir de la même façon. Il ne faut pas que cela se reproduise. Ne vous laissez surtout pas faire, sinon vous êtes condamné a subir la même chose a brève échéance.

Nous avons tous une propre sensibilité. Force est de constater que les plus forts finissent par craquer. Il faut absolument arrêter le massacre. Pour cela il faut une mobilisation ferme et durable. Car dites vous bien et garder toujours a l’esprit que le seul but de tous ces remaniements ce n’est qu’une question d’argent et de profit.  

Ce récit a été écrit avec les souvenirs qui me sont revenus de façon aléatoire et un peu désordonnée mais vous donneront une idée de ce que sont  ces «petits gens la »

Pour eux, l’argent a plus de valeur que vos vies.

Paolucci Michel.

 

Articles Web

http://www.francesoir.fr/enquete/2009/05/18/suicides-france-telecom-2.html

http://www.francesoir.fr/enquete/2009/05/18/suicides-france-telecom-3.html

http://www.francesoir.fr/enquete/2009/05/18/suicides-france-telecom.html

http://www.acrimed.org/article3216.html 

Audio http://www.acrimed.org/IMG/mp3/Hondelatte_suicides_FT_080909_2.mp3 

Un salarié de France Télécom se suicide « à cause de son travail »

Trop de travail, absence de formation, pression constante... un salarié marseillais de France Télécom s’est donné la mort le 14 juillet en accusant son entreprise.

Un salarié de France Télécom s’est suicidé le 14 juillet à Marseille en mettant en cause dans une lettre son travail au sein du groupe et notamment la « surcharge de travail » et le « management par la terreur », a-t-on appris lundi de sources syndicales.                 

« Je me suicide à cause de mon travail à France Télécom. C’est la seule cause », a écrit le salarié, fonctionnaire de 51 ans, qui a mis fin à ses jours à son domicile.                 

« Je suis devenu une épave » dit-il dans sa lettre

Dans la lettre laissée à sa famille, dont l’AFP a eu copie et dont le contenu a été communiqué, selon sa volonté, à ses collègues et aux délégués du personnel, il évoque notamment l’ »urgence permanente », la « surcharge de travail », l’ »absence de formation », la « désorganisation totale de l’entreprise » et le « management par la terreur ».                 

« Cela m’a totalement désorganisé et perturbé. Je suis devenu une épave, il vaut mieux en finir », ajoute-t-il.                 

Pour la direction, qui confirme le suicide mais ne souhaite pas commenter la lettre, « l’important c’est d’essayer de comprendre ce qui s’est passé », rappelant que « les causes d’un suicide sont toujours multiples ».                 

Elle précise que « quelques jours avant le drame, ses collègues et ses responsables avaient remarqué des signes de dépression. Il avait été pris en charge par les managers, ses collègues et les partenaires sociaux ».                 

« Les délégués du personnel avaient alerté sur son malaise au travail, et France Télécom avait pris ça au sérieux, en tentant de diminuer sa charge de travail », a confirmé Denis Capdevielle, délégué CGT au Comité Hygiène sécurité et condition de travail (CHSCT) de l’unité où il travaillait. « Mais le malaise devait être profond », a-t-il ajouté.  


Selon Patrick Ackermann (Sud-PTT), depuis février 2008, 18 suicides et 10 tentatives de suicides ont eu lieu à France Télécom, qui emploie 102.254 salariés, dont 70% de fonctionnaires.                 

Le débat sur la souffrance au travail relancé

« Qui osera dire maintenant que cette trop longue liste noire n’est pas le résultat d’une situation dramatique dans l’entreprise ? Qui pourra justifier le silence assourdissant d’une direction dont le seul objectif est de minimiser, de banaliser, de cacher ce mal-être, cette souffrance au travail ? », interroge dans un communiqué l’Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom, organisme créé par la CFE-CGC et Sud-PTT.                 

Ces syndicats dénoncent depuis plusieurs années le stress à France Télécom et « les pressions » sur le personnel, notamment pour les pousser au départ, dans le cadre, selon eux, d’un plan de restructuration qui s’est traduit par plus de 22.000 « départs volontaires » entre 2005 et 2008.                 

« Il y a toujours des pressions. Il n’y a plus de plan chiffré mais la volonté est quand même là », a assuré M. Capdevielle.                 

Fabienne Viala, de la CGT, a dénoncé des surcharges de travail liées à la baisse des effectifs, « et des responsabilités de plus en plus lourdes », notamment pour les cadres, comme l’était le salarié décédé. La direction a précisé avoir mis en place un « dispositif d’écoute » pour les collègues du salarié.

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